Ce lundi 19 octobre, à midi, la Ville de Roncq s’est associée à l’appel de l’Association des Maires de France (AMF) en organisant un rassemblement sur le perron de l’Hôtel de Ville. Un temps de mobilisation pour dénoncer les violences qui ont émaillé la journée du 17 octobre, témoigner le soutien de la commune aux victimes et réaffirmer son attachement aux valeurs de la République, au droit de manifester pacifiquement et au refus de toute forme de violence. À cette occasion, Rodrigue Desmet a prononcé une allocution que nous vous proposons de retrouver dans son intégralité.
L’allocution du maire
Mesdames, Messieurs,
Merci d’être venus nombreux suite à l’appel des Maires de France. Aujourd’hui, nous allons parler vrai. Et nous allons le dire avec force : trop, c’est trop !
Nous sommes ici attachés à la liberté, à l’égalité, à la fraternité. Nous sommes attachés au respect des personnes et des biens. Nous sommes attachés à l’intérêt général. Ce ne sont pas de grands mots pour les jours de cérémonie. Ce sont les valeurs de la République, et elles se vérifient dans les jours difficiles.
Le droit de manifester est un droit fondamental. Lycéens, salariés, retraités, indépendants, bénévoles, élus : chacun doit pouvoir exprimer ses convictions et défendre son quotidien. Nous le défendrons toujours.
Et le détournement des manifestations en une opportunité pour les délinquants de se faire plaisir n’est plus possible.
Et j’ai cette première et simple question pour les casseurs : sincèrement, vous vous croyez où ?
Posons les questions, et disons-les avec lassitude, avec colère, avec ras-le-bol.
Au nom de rien. Il n’y a aucune cause, aucune idée, aucun projet derrière une vitrine fracassée ou un hôtel de ville en cendres. Il n’y a que de la bêtise.
Une bêtise humaine, rien d’autre. Ce n’est pas du courage. Ce n’est pas de la révolte. Ce n’est pas de la politique. Casser, ce n’est pas construire. Piller, ce n’est pas revendiquer. Brûler, ce n’est pas convaincre. Ceux qui s’y livrent n’ont rien à dire. Ils se contentent de faire du bruit et du dégât, et ce sont les autres qui paient – et paieront – la facture.
Et ces autres, nous les connaissons. Ce sont eux qu’il faut encourager ici, et soutenir. Ce sont eux qui méritent la lumière.
Ce sont les commerçants, qui investissent, qui créent des emplois et font vivre nos centres-villes.
Ce sont les maires, les élus, les agents publics, qui servent leurs concitoyens et voient leurs locaux saccagés.
Ce sont les habitants, qui découvrent leur commune meurtrie.
Ce sont les forces de l’ordre et les secours, qui protègent et qui sauvent dans des conditions souvent éprouvantes.
Et ce sont ces jeunes et moins jeunes qui le jour-même tentent de faire entendre pacifiquement leur voix et qui, au lendemain de ce 17 octobre, sont parfois venus prêter main-forte dans les centres-villes pour essayer d’effacer les stigmates de la veille. Ceux qui ont essayé de s’exprimer, pourtant en nombre, et que nous avons à peine entendus à cause de quelques autres qui n’avaient pas le même dessein.
À toutes ces personnes, nous disons : merci. Vous agissez pour les autres. Vous incarnez l’intérêt général, celui qui consiste à se lever le matin pour faire tenir la maison commune. Vous n’êtes pas seuls.
Défendre le droit de manifester et refuser la violence, ce n’est pas se contredire. C’est une seule et même défense : celle de la liberté de chacun, qui s’arrête là où commencent les droits des autres. Ceux qui manifestent pacifiquement méritent d’être entendus. Ceux qui choisissent la violence doivent répondre de leurs actes, dans le respect de la loi.
Nous voulons l’apaisement et le dialogue, et ce n’est pas de la faiblesse que de le dire, c’est juste du bon sens. Mais nous ne nous résignerons pas, nous ne nous habituerons ni aux pillages, ni aux dégradations, ni à la peur.
Nous ne laisserons pas ceux qui agissent pour l’intérêt général se sentir abandonnés.
Car la République ne tient pas seulement à ses textes et à ses symboles. Elle tient à celles et ceux qui la font vivre chaque jour, avec leurs mains, leur temps et leur sens du devoir.
Alors le message est simple, et nous le porterons ensemble : nous sommes du côté de ceux qui construisent, du côté de l’intérêt général et jamais, au grand jamais, du côté du chaos. Défendre le droit de manifester, c’est défendre notre démocratie. Refuser la violence, c’est défendre notre vivre-ensemble.
Restons unis. Restons fermes. Soyons à l’écoute de chacun et fidèles aux valeurs de la République.
Vive la France.
Retrouvez ici la vidéo de l’allocution de Rodrigue Desmet – RONCQ - 19 octobre 2026